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Exercer le métier

L'aptitude médicale au travail en milieu hyperbare

Mis à jour le 6 min de lecture Rédaction de TSM - Annuaire de la Plongée Pro

En bref. L'aptitude médicale hyperbare est délivrée par le médecin du travail, avant l'affectation au poste, dans le cadre d'un suivi individuel renforcé. Le Code du travail fixe un examen au moins tous les quatre ans, mais les recommandations des sociétés savantes conseillent une visite chaque année. Un certificat de plongée loisir ne la remplace jamais.

L'aptitude médicale hyperbare est la condition de départ de toute carrière sous l'eau : sans elle, pas de formation au CAH et pas de chantier. Elle concerne aussi bien le scaphandrier que le technicien d'inspection, le scientifique ou le cadreur sous-marin. Cette page explique le cadre général ; elle ne remplace pas l'avis d'un médecin sur une situation personnelle.

Qui délivre l'aptitude médicale au travail hyperbare ?

Pour un salarié, seul le médecin du travail peut délivrer l'avis d'aptitude au poste exposé au risque hyperbare. Un certificat établi par un autre médecin, même spécialisé en médecine de plongée, doit être validé par le médecin du travail avant la mise en poste.

Le Code du travail classe le risque hyperbare parmi les risques particuliers (article R. 4624-23). Le salarié bénéficie donc d'un suivi individuel renforcé : un examen médical d'aptitude a lieu avant l'affectation au poste (article R. 4624-24), et il se conclut par un avis d'aptitude ou d'inaptitude remis au salarié et à l'employeur (article R. 4624-25).

Les recommandations professionnelles conseillent que ces examens soient réalisés, ou appuyés, par un médecin formé à la médecine hyperbare. Faute de cette formation, le médecin du travail peut demander l'avis d'un médecin hyperbariste, par exemple dans un service hospitalier de médecine hyperbare.

Quelle différence avec le certificat médical de plongée loisir ?

Le certificat de plongée loisir et l'aptitude hyperbare professionnelle n'ont ni le même objet ni le même auteur. Le premier relève des règles du sport ; la seconde est un acte de santé au travail.

Plongée loisirTravail en milieu hyperbare
Qui le délivreUn médecin, selon les règles de la fédérationLe médecin du travail
Ce qui est évaluéL'absence de contre-indication à une pratique sportiveL'aptitude à un poste précis, avec ses profondeurs, efforts et durées
CadreCode du sport, règlement fédéralCode du travail, suivi individuel renforcé
Valable pour travaillerNonOui, pour le poste visé

Quels examens pour l'aptitude hyperbare ?

L'aptitude repose sur un examen clinique approfondi, complété par des examens choisis par le médecin. Depuis l'abrogation de l'ancien arrêté de 1991, ces examens ne sont plus imposés par une liste réglementaire : ils sont laissés à l'appréciation du médecin du travail.

Les recommandations de bonne pratique publiées par la société de médecine subaquatique et hyperbare (MedSubHyp) et la Société française de santé au travail, révisées en 2023, guident ce choix. Elles visent en priorité :

  • l'appareil respiratoire, souvent par une mesure du souffle (spirométrie) ;
  • la sphère ORL : oreilles, audition, sinus ;
  • le cœur et la capacité à l'effort ;
  • le système nerveux et l'appareil locomoteur, os et articulations compris.

Le médecin peut aussi demander un questionnaire de santé, une vision, des analyses de sang ou un électrocardiogramme selon l'âge, le poste et les antécédents. Il s'appuie sur la fiche de poste fournie par l'employeur.

Quelles sont les principales contre-indications ?

Il n'existe pas de liste officielle fermée : le médecin juge au cas par cas, selon le poste et l'état de santé de la personne. Les recommandations identifient toutefois des organes cibles du risque hyperbare (poumons, oreilles et sinus, système nerveux, os et articulations) et des facteurs de risque à examiner avec attention :

  • certaines anomalies du cœur ou des vaisseaux ;
  • certaines maladies respiratoires ;
  • des troubles métaboliques ou sanguins ;
  • la grossesse ;
  • les maladies infectieuses en cours.

Une affection n'entraîne pas automatiquement une inaptitude. L'avis peut être assorti de restrictions : profondeur maximale, type d'effort, température de l'eau, par exemple.

À quelle fréquence faut-il repasser la visite ?

Le Code du travail impose un renouvellement de l'examen par le médecin du travail au moins tous les quatre ans, avec une visite intermédiaire par un professionnel de santé au plus tard deux ans après (article R. 4624-28). C'est le minimum légal.

Les recommandations professionnelles vont plus loin :

ExamenRythme recommandé
Examen initial approfondiAvant la première exposition, donc avant la formation
Examen périodiqueChaque année
Examen approfondiTous les quatre ans
Nouvel examen approfondiLors d'un changement de classe ou de mention
Examen de repriseAprès tout arrêt pour accident ou maladie, quelle que soit sa durée

Le médecin du travail fixe le rythme réel. Le syndicat de la profession indique qu'en pratique la visite annuelle reste la règle dans les entreprises de travaux immergés.

Que se passe-t-il en cas d'inaptitude ou d'arrêt de travail ?

Après un accident de plongée ou une maladie, le salarié ne reprend le travail sous l'eau qu'après un nouvel avis médical. Le Code du travail impose une visite de reprise après certains arrêts ; les recommandations conseillent de l'étendre à tout arrêt, car un barotraumatisme ou un accident de décompression léger peut guérir en quelques jours tout en laissant des séquelles.

Le retour sous l'eau peut ainsi être différé le temps d'un traitement ou d'une guérison : une inaptitude n'est pas forcément définitive. Si le salarié conteste l'avis rendu, il dispose d'un recours devant le conseil de prud'hommes (article L. 4624-7). L'employeur, de son côté, doit vérifier que l'aptitude de chaque plongeur correspond à la fonction qu'il lui confie (article R. 4461-12).

Faut-il une aptitude avant d'entrer en formation ?

Oui. L'examen initial doit avoir lieu avant la première exposition, donc avant la formation au CAH. Le candidat qui n'est pas encore salarié le passe auprès d'un médecin compétent en médecine hyperbare, en libéral ou à l'hôpital. Les organismes de formation demandent en général un certificat médical de non contre-indication au travail en milieu hyperbare, daté de moins d'un an, établi par un médecin formé à la médecine subaquatique et hyperbare. Vérifiez avec le centre choisi le modèle de certificat qu'il attend avant de prendre rendez-vous.

Préparer son entrée dans le métier. Les centres de formation au CAH sont recensés dans l'annuaire : voir la rubrique formation. Pour la suite du parcours, lisez aussi devenir scaphandrier.

Sources : conditions d'entrée publiées par les organismes de formation (AFPA et centres certifiés, 2026) ; Code du travail, articles R. 4624-23 à R. 4624-28, R. 4461-12 et L. 4624-7 (Légifrance) ; Prévention BTP, validation du certificat hyperbare par le médecin du travail ; MedSubHyp et Société française de santé au travail, « Prise en charge en santé au travail des travailleurs exposés au risque hyperbare », recommandations de bonne pratique, révision 2023 ; SNETI, page « Suivi médical hyperbare ».

Questions fréquentes

Vos questions

Un médecin généraliste peut-il me déclarer apte au travail hyperbare ?

Non, pas pour un poste salarié. Son certificat peut éclairer le médecin du travail, mais seul ce dernier rend l'avis d'aptitude.

Mon aptitude me suit-elle si je change d'employeur ?

L'avis porte sur un poste. Chez un nouvel employeur, le médecin du travail vérifie l'aptitude au nouveau poste avant l'affectation.

Les intérimaires ont-ils le même suivi médical ?

Oui. Ils relèvent eux aussi du suivi individuel renforcé dès lors qu'ils sont exposés au risque hyperbare.