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Scaphandrier ou robot sous-marin (ROV) : que choisir ?

Mis à jour le 6 min de lecture Rédaction de TSM - Annuaire de la Plongée Pro

En bref. Un robot sous-marin (ROV) est piloté depuis la surface par un câble : il voit, mesure et, pour les plus gros, manipule, sans exposer personne à la pression. Le scaphandrier garde l'avantage dès qu'il faut des mains habiles, du jugement au contact de l'ouvrage ou un travail lourd en faible profondeur. Sur beaucoup de chantiers, les deux se complètent.

Inspecter une pile de pont, contrôler une canalisation, retrouver un objet, réparer une vanne : la question se pose de plus en plus souvent de savoir s'il faut envoyer un homme ou une machine. La réponse dépend de la tâche, du site et de ce que l'on attend comme résultat.

Qu'est-ce qu'un ROV ?

Un ROV (de l'anglais remotely operated vehicle) est un engin sous-marin non habité, relié à la surface par un câble, l'ombilical, qui lui apporte l'énergie et remonte l'image et les données. Un pilote le dirige depuis un poste de commande, à terre ou sur un bateau.

L'IMCA, l'association internationale des entrepreneurs marins, classe ces engins selon leur usage :

  • Classe I, observation pure : caméra, éclairage, parfois un sonar. Ce sont souvent de petits engins mis à l'eau à la main.
  • Classe II, observation avec charge utile : capteurs supplémentaires et, pour certains, de légers outils d'intervention ou de mesure.
  • Classe III, engins de travail (« work class ») : gros robots équipés de bras manipulateurs et d'outils hydrauliques, utilisés surtout en mer et en grande profondeur.
  • Classe IV, engins remorqués ou à chenilles : charrues et engins d'ensouillage de câbles et de conduites.

Sur les ports, barrages, ponts et ouvrages côtiers, on rencontre surtout les classes I et II.

Que fait mieux un scaphandrier qu'un robot ?

Le scaphandrier l'emporte dès qu'il faut toucher, sentir et s'adapter. Deux mains et un cerveau sur place restent difficiles à égaler.

  • La dextérité : visser, couper, souder, poser un coffrage, élinguer une charge, déboucher une grille.
  • Le travail à l'aveugle : en eau turbide, le scaphandrier palpe l'ouvrage et décrit ce qu'il sent ; une caméra ne voit rien.
  • Les espaces encombrés : intérieur de conduite, entre des pieux, sous une structure, là où un câble de robot s'emmêle.
  • Le jugement : apprécier une fissure, sonder un béton, décider sur place d'une mesure complémentaire.

En contrepartie, l'intervention humaine mobilise une équipe d'au moins trois personnes certifiées, limite le temps passé au fond (trois heures par jour au plus) et impose des paliers de décompression. Au narguilé depuis la surface, les travaux sont permis jusqu'à 60 mètres ; au-delà, il faut une tourelle ou la saturation, des moyens beaucoup plus lourds.

Quand un robot suffit-il, voire s'impose-t-il ?

Le robot suffit chaque fois que l'objectif est de voir et mesurer plutôt que de travailler de ses mains.

  • Inspection visuelle d'une carène, d'un quai, d'une digue, d'une conduite ou d'une prise d'eau.
  • Reconnaissance avant travaux, pour préparer la plongée et réduire le temps d'exposition des scaphandriers.
  • Grande profondeur, au-delà de ce que permet raisonnablement une plongée à partir de la surface.
  • Longues durées : un robot peut filmer pendant des heures sans palier ni relève.
  • Milieux dangereux : aspiration d'une prise d'eau, pollution, risque d'effondrement, ouvrage qui ne peut pas être mis à l'arrêt.

Ce dernier point n'est pas qu'une question de confort. Le Code du travail demande à l'employeur de remplacer ce qui est dangereux par ce qui l'est moins : si un robot peut faire le travail, la question mérite d'être posée avant d'exposer quelqu'un.

Comment comparer les deux méthodes ?

Le tableau ci-dessous résume les forces de chacun. Il s'agit de tendances : le matériel et le site changent beaucoup la donne.

CritèreScaphandrierRobot sous-marin (ROV)
ProfondeurJusqu'à 60 m au narguilé depuis la surface ; au-delà, moyens lourdsSelon le modèle, de quelques dizaines à plusieurs milliers de mètres
Durée au fondTrois heures par jour au plus, paliers en plusLimitée surtout par l'équipe en surface
DextéritéExcellente, avec outillage à main ou hydrauliqueNulle pour l'observation ; partielle avec bras manipulateurs
Eau turbideTravail au toucher possibleCaméra aveugle ; sonar en appoint
CourantGêne forte au-delà d'un certain seuilLes petits engins dérivent vite ; les gros résistent mieux
Espaces encombrésAccès possible avec précautionRisque d'accrocher le câble
SécuritéExposition à la pression, équipe et caisson obligatoiresPersonne sous l'eau
CoûtÉquipe de trois au minimumFaible pour un petit ROV d'observation, élevé pour un engin de travail

Peut-on combiner scaphandriers et robot ?

Oui, et c'est souvent la meilleure solution. Une reconnaissance au ROV permet de localiser les défauts, puis les scaphandriers ne plongent que là où il faut travailler. Pendant la plongée, le robot peut aussi servir de second regard pour le surveillant en surface, éclairer la zone ou filmer le travail pour le rapport.

À l'inverse, sur une inspection détaillée d'ouvrage d'art, l'œil du robot donne la vue d'ensemble, et le scaphandrier vient sonder le béton, mesurer une cavité ou prélever un échantillon. Pour en savoir plus, voir l'inspection des ouvrages immergés.

Et les drones de surface et les sonars ?

Pour cartographier le fond plutôt que regarder un détail, d'autres outils prennent le relais.

  • Le sondeur multifaisceaux, monté sur un bateau ou un drone de surface, mesure la profondeur sur une bande large et produit une carte en relief du fond (bathymétrie). Il repère les fosses d'affouillement au pied des piles ou les envasements.
  • Le sonar à balayage latéral donne une image acoustique du fond, utile pour retrouver un objet ou une épave.
  • Le sonar imageur, embarqué sur un ROV, permet de « voir » en eau trouble, là où la caméra est inutile.
  • Le drone de surface, petit bateau télécommandé ou autonome, emporte ces capteurs dans les zones peu profondes ou difficiles d'accès.

Ces relevés ne remplacent pas une inspection rapprochée, mais ils aident à cibler les plongées et donc à en réduire le coût. Sur le budget d'une intervention, voir combien coûtent des travaux sous-marins.

Trouver un prestataire. Entreprises de scaphandriers, opérateurs de robots et fabricants de matériel sont recensés dans l'annuaire : voir les entreprises ou le matériel.

Sources : arrêté du 14 mai 2019 relatif aux travaux hyperbares effectués en milieu subaquatique, mention A (Légifrance) ; Code du travail, article L. 4121-2 (principes généraux de prévention) ; OPPBTP, Prévention BTP, fiche sur les risques des travaux en milieu hyperbare ; IMCA, classification des ROV (lignes directrices IMCA R 004).

Questions fréquentes

Vos questions

Faut-il le CAH pour piloter un ROV ?

Non, tant que le pilote reste à la pression atmosphérique. Le CAH concerne les personnes exposées à la pression.

Un ROV peut-il souder ou couper sous l'eau ?

Les gros engins de travail peuvent couper et manœuvrer des outils, mais le soudage subaquatique reste essentiellement l'affaire des scaphandriers.

Le rapport d'un ROV vaut-il celui d'un scaphandrier ?

Pour l'aspect visuel, oui si l'eau est claire. Pour juger la solidité d'un matériau ou d'un appui, le contact humain reste souvent nécessaire.