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Exercer le métier

Travailler en intérim comme plongeur professionnel

Mis à jour le 6 min de lecture Rédaction de TSM - Annuaire de la Plongée Pro

En bref. L'intérim est la porte d'entrée la plus courante pour un plongeur professionnel : une grande partie des scaphandriers en activité travaillent en mission. L'agence doit être certifiée en hyperbarie et le plongeur doit présenter un CAH à jour, une aptitude médicale valide et son livret individuel. En échange de la souplesse, l'intérim offre peu de stabilité.

Les chantiers sous-marins sont souvent courts, saisonniers et dispersés sur le territoire. Les entreprises de travaux immergés gardent donc une équipe permanente réduite et complètent avec des intérimaires. Pour un plongeur qui démarre comme pour un scaphandrier expérimenté qui veut choisir ses périodes de travail, l'intérim plongeur professionnel est un mode d'exercice à part entière.

Comment fonctionne l'intérim pour un plongeur professionnel ?

Le plongeur est salarié de l'agence d'intérim, qui le met à disposition d'une entreprise utilisatrice pour une mission précise. Le contrat de mission fixe la durée, le poste et la rémunération, qui ne peut pas être inférieure à celle d'un salarié de l'entreprise utilisatrice au même poste.

Point propre à ce métier : une agence qui met à disposition des travailleurs pour des travaux hyperbares de la mention A doit être certifiée, comme les entreprises de travaux elles-mêmes. Une agence généraliste sans cette certification ne peut pas déléguer un scaphandrier sur un chantier (voir la réglementation des travaux hyperbares).

Quelle est la place de l'intérim dans la profession ?

Elle est importante. En 2018, les entreprises du secteur employaient en permanence l'équivalent d'environ 450 scaphandriers à temps plein, répartis entre environ 200 salariés en CDI et 250 intérimaires. L'intérim représentait donc plus de la moitié des effectifs.

Que demandent les agences d'intérim aux plongeurs ?

Les agences vérifient d'abord que le plongeur a le droit de plonger, puis son expérience.

  • Le CAH de la bonne mention et de la bonne classe, en cours de validité (cinq ans, renouvelé par un recyclage) : voir le CAH.
  • Le titre professionnel de scaphandrier travaux publics pour les CAH mention A obtenus depuis 2022, ou la preuve de la dérogation pour les plus anciens.
  • Une aptitude médicale à jour pour le travail en milieu hyperbare (voir l'aptitude médicale).
  • Le livret individuel, dans lequel l'employeur consigne chaque intervention : méthode de plongée, conditions, travaux réalisés. C'est le « carnet de plongée » officiel du travailleur.
  • Les compétences complémentaires : soudage, coupage, inspection, conduite d'engins, permis bateau.

Tenir son livret à jour et conserver une copie de chaque document fait gagner du temps à chaque nouvelle mission.

Comment s'inscrire dans une agence d'intérim spécialisée ?

On s'inscrit comme dans toute agence d'intérim, mais en visant celles qui sont certifiées pour les travaux hyperbares. L'inscription se fait en général en trois temps :

  1. Un entretien pour présenter son parcours, ses spécialités et sa mobilité géographique.
  2. La remise des justificatifs : CAH, titre professionnel ou dérogation, aptitude médicale, livret individuel, pièce d'identité et, le cas échéant, certificats de soudage ou d'inspection.
  3. La mise en disponibilité : l'agence contacte le plongeur quand une mission correspond à son profil. Prévenir l'agence de ses périodes d'indisponibilité évite de manquer des propositions.

S'inscrire dans plusieurs agences est possible et courant, à condition de ne pas accepter deux missions sur les mêmes dates.

Quels sont les avantages et les limites de l'intérim ?

AvantagesLimites
Accès rapide au premier emploi après la formationRevenus irréguliers, périodes sans mission en basse saison
Variété des chantiers et des entreprisesDéplacements fréquents, parfois au dernier moment
Indemnité de fin de mission et indemnité de congés payés, chacune d'au moins 10 % de la rémunération brutePeu de visibilité sur l'année et sur l'évolution de carrière
Possibilité de choisir ses périodes de travailFormation continue moins souvent prise en charge que pour un salarié permanent

Pour beaucoup, l'intérim est une étape : une entreprise qui a apprécié un intérimaire sur plusieurs missions lui propose souvent un contrat. Les repères de rémunération sont détaillés dans la page sur le salaire du scaphandrier.

Quelles missions sont proposées en intérim ?

Les missions couvrent l'ensemble des travaux immergés :

  • entretien et réparation d'ouvrages portuaires (quais, digues, pontons) ;
  • inspection et maintenance de barrages, de ponts et de prises d'eau ;
  • travaux en milieu industriel : bassins, réseaux d'assainissement, stations d'épuration, circuits de centrales ;
  • pose de canalisations, de câbles et de corps-morts ;
  • assistance en surface : aide au plongeur, gestion de l'air, tenue du poste de communication.

Peut-on travailler en offshore par l'intérim ?

Oui, mais les règles changent. Le CAH est un certificat français : à l'étranger et sur les chantiers offshore, ce sont les règles du pays et les standards de l'IMCA, l'association internationale de l'offshore, qui s'appliquent. Selon le syndicat de la profession, le CAH mention A classe II correspond au niveau international « Air Supplied Diver 50 m », ce qui facilite sa reconnaissance. Les missions offshore demandent en général de l'expérience, l'anglais et parfois des certifications propres au pays ou au client. Côté médical, le code de pratique de l'IMCA demande un certificat d'aptitude à la plongée délivré par un médecin examinateur de plongeurs, valable douze mois au plus ; l'employeur dit lequel il reconnaît.

Qui prend en charge le suivi médical ? Pour un intérimaire exposé au milieu hyperbare, le Code du travail met les obligations de suivi médical renforcé à la charge de l'entreprise utilisatrice.

Trouver une agence spécialisée. Les agences d'intérim qui placent des plongeurs professionnels sont recensées dans l'annuaire : voir la rubrique Intérim.

Sources : IMCA, International Code of Practice for Offshore Diving (IMCA D 014), contrôles médicaux ; Code du travail, articles L. 1251-19, L. 1251-22 et L. 1251-32 (intérim), R. 4461-10 et R. 4461-39 (livret individuel), R. 4461-11, R. 4461-43, R. 4461-44 et R. 4461-45 (travailleurs indépendants, certification, intérim, équipe) (Légifrance) ; arrêté du 29 septembre 2017 relatif à la certification des entreprises ; arrêté du 14 mai 2019 (mention A) ; Prévention BTP, « Milieu hyperbare : acteurs et certifications » ; Autorité de la concurrence, avis n° 18-A-07 du 24 mai 2018 ; SNETI ; IMCA.

Questions fréquentes

Vos questions

Faut-il de l'expérience pour s'inscrire dans une agence d'intérim ?

Non, un plongeur fraîchement certifié peut s'inscrire ; les premières missions sont souvent en assistance ou sur des chantiers simples.

Qui paie le recyclage du CAH d'un intérimaire ?

Les pratiques varient. Sans CAH valide, le plongeur ne peut pas être placé : certaines agences prennent le recyclage en charge entre deux missions, d'autres le laissent au plongeur, qui peut alors mobiliser son compte personnel de formation. Il coûte quelques centaines d'euros pour une ou deux journées. Posez la question dès l'inscription.

Peut-on être intérimaire et indépendant à la fois ?

Pas pour les travaux de la mention A. En mission d'intérim, le scaphandrier est salarié de l'agence, qui doit elle-même être certifiée. Le Code du travail envisage qu'un travailleur indépendant intervienne en milieu hyperbare, mais les travaux de la mention A sont réservés aux entreprises certifiées et se font en équipe d'au moins trois personnes titulaires du CAH : un scaphandrier seul ne peut pas mener un tel chantier sans obtenir la certification et réunir une équipe complète.