Les spécialités des travaux sous-marins
Mis à jour le 7 min de lecture Rédaction de TSM - Annuaire de la Plongée Pro
En bref. Les travaux sous-marins regroupent des métiers très différents : construire et réparer des ouvrages, souder, inspecter, renflouer, dépolluer, filmer ou fouiller. Les travaux sur ouvrages relèvent du CAH mention A et d'entreprises certifiées ; l'inspection, la science, l'aquaculture ou l'image relèvent le plus souvent de la mention B. Chaque spécialité a ses clients et ses qualifications complémentaires.
Derrière l'expression « travaux sous-marins », on trouve aussi bien un scaphandrier qui coule du béton au pied d'une pile de pont qu'un archéologue qui relève une épave. Connaître ces spécialités aide le futur plongeur à choisir sa voie, et le donneur d'ordre à trouver l'entreprise compétente. Voici les principales, avec ce qu'elles recouvrent, ceux qui les commandent et les qualifications utiles.
Quelles sont les spécialités des travaux sous-marins ?
On distingue les travaux sur ouvrages, réservés aux scaphandriers titulaires du CAH mention A, et les interventions de la mention B, qui n'impliquent pas de construire ou de réparer.
| Spécialité | Principaux clients | Cadre habituel |
|---|---|---|
| Génie civil immergé | Collectivités, ports, gestionnaires d'ouvrages | Mention A |
| Soudage et découpage | Ports, industrie, offshore | Mention A, qualification soudeur |
| Inspection et contrôle non destructif | Gestionnaires d'ouvrages, énergéticiens, assureurs | Mention A ou B selon l'intervention |
| Renflouement et relevage | Armateurs, ports, assureurs, État | Mention A |
| Dépollution | Ports, industriels, collectivités | Mention A |
| Canalisations et émissaires | Collectivités, syndicats d'eau, industriels | Mention A |
| Ports, rivières et barrages | Ports, voies navigables, hydroélectriciens | Mention A |
| Offshore pétrolier et éolien | Compagnies d'énergie, développeurs éoliens | Mention A et qualifications internationales |
| Robots sous-marins (ROV) | Offshore, inspection, recherche | Pilotage, sans plongée |
| Audiovisuel | Production, médias, publicité | Mention B |
| Archéologie | État, recherche, aménageurs | Mention B archéologie |
| Aquaculture et pêche | Fermes aquacoles, conchyliculteurs | Mention B |
Que fait un scaphandrier en génie civil immergé ?
Le génie civil immergé consiste à construire, entretenir ou réparer des ouvrages sous l'eau : fondations, piles de pont, quais, digues, prises d'eau. Le scaphandrier y réalise du coffrage, du bétonnage, du forage, de la pose de pièces ou de l'enrochement, souvent en eau trouble et au toucher.
Les clients sont surtout les collectivités, les ports et les grandes entreprises de travaux publics. Le titre professionnel de scaphandrier travaux publics, qui complète le CAH mention A, prépare précisément à ce travail de chantier.
Qu'est-ce que le soudage subaquatique ?
Le soudage subaquatique consiste à assembler ou réparer des pièces métalliques sous l'eau. Il se pratique soit en pleine eau, au contact direct de l'eau, soit à sec dans un caisson ou un habitat installé autour de la pièce. Le découpage, à l'arc ou au chalumeau, sert au démantèlement et aux réparations.
Les qualifications de soudeur plongeur sont encadrées par la norme internationale ISO 15618 : partie 1 pour le soudage en pleine eau, partie 2 pour le soudage à sec. Cette spécialité est recherchée dans les ports, l'industrie et l'offshore.
En quoi consiste l'inspection des ouvrages immergés ?
L'inspection consiste à examiner l'état d'un ouvrage pour en évaluer la solidité : contrôle visuel, mesures d'épaisseur par ultrasons, mesure de la protection contre la corrosion, prises de vues. Elle précède souvent des travaux et alimente les dossiers des gestionnaires d'ouvrages, détaillés dans la page inspection des ouvrages immergés.
Pour le contrôle non destructif, la référence internationale est la certification CSWIP de TWI, avec ses niveaux de plongeur inspecteur (3.1U, puis 3.2U). En France, la certification des opérateurs de contrôle non destructif relève de la COFREND, selon la norme ISO 9712. Selon l'ouvrage et le client, l'une, l'autre ou les deux peuvent être demandées : vérifiez la qualification exigée dans le cahier des charges du donneur d'ordre.
Quels travaux pour les ports, les rivières et les barrages ?
Ces travaux couvrent l'entretien courant des infrastructures en eau : réparation de quais, nettoyage de grilles, intervention sur vannes et écluses, inspection de barrages. Ils sont commandés par les ports, les gestionnaires de voies navigables et les producteurs d'hydroélectricité. Les interventions en barrage peuvent se faire en eau profonde, froide et avec du courant, ce qui demande une classe de CAH adaptée.
Dans le même registre, la pose de canalisations et d'émissaires en mer (rejets de stations d'épuration, prises d'eau, câbles) mobilise les scaphandriers pour le guidage, l'assemblage et l'ensouillage.
Renflouement, relevage et dépollution : de quoi s'agit-il ?
Le renflouement consiste à remettre à flot un bateau coulé, le relevage à sortir de l'eau une épave, un engin ou une charge. Ces travaux sont commandés par les armateurs, les ports, les assureurs ou les services de l'État, souvent en urgence.
La dépollution recouvre le retrait de déchets, d'hydrocarbures, d'épaves polluantes ou de sédiments contaminés. Certaines opérations touchent aux munitions anciennes : elles relèvent alors de spécialistes de la pyrotechnie. Sous l'eau, la dépollution pyrotechnique (dégagement, neutralisation, déplacement et pétardage des engins) figure dans la liste des travaux de la mention A : elle est réservée aux entreprises certifiées et aux scaphandriers titulaires du CAH correspondant. Lorsqu'elle s'inscrit dans un chantier de bâtiment ou de génie civil, le décret du 26 octobre 2005 sur les chantiers de dépollution pyrotechnique ajoute ses propres règles de sécurité.
Comment travaille-t-on dans l'offshore pétrolier et éolien ?
L'offshore désigne les travaux sur les installations en mer : plateformes, conduites, et désormais fondations et câbles des parcs éoliens. Les opérations profondes recourent à la plongée à saturation ou aux robots ; les opérations moins profondes à la plongée classique.
Ce secteur fonctionne selon les standards de l'IMCA, l'association internationale des entrepreneurs maritimes. Le syndicat de la profession indique que le CAH mention A classe II correspond au niveau IMCA de plongeur à l'air jusqu'à 50 mètres. Les plongées plus profondes exigent des qualifications complémentaires.
Le ROV remplace-t-il le plongeur ?
Le ROV, robot sous-marin piloté depuis la surface, remplace le plongeur pour les grandes profondeurs, les longues durées et les inspections répétitives. Le pilote de ROV ne plonge pas et n'a donc pas besoin du CAH ; il suit une formation de pilotage et de maintenance. Les deux métiers sont souvent complémentaires : voir plongeur ou ROV.
Audiovisuel, archéologie, aquaculture : quelles interventions ?
Ces activités relèvent du CAH mention B, qui couvre les interventions techniques, scientifiques, de pêche, d'aquaculture et de médias.
- Audiovisuel : tournages de films, documentaires et publicités, photographie technique. Le cadreur doit détenir le CAH dès lors qu'il plonge pour son travail.
- Archéologie : fouilles et relevés d'épaves ou de sites immergés. En France, le Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (DRASSM) gère ce patrimoine. Un arrêté du 11 juin 2020 a créé une mention B propre à l'archéologie sous-marine et subaquatique.
- Aquaculture et pêche : entretien des filets et des cages, récolte, contrôle des élevages en mer.
- Sciences : biologie marine, prélèvements, suivi des milieux.
Trouver une entreprise par spécialité. Les entreprises de travaux sous-marins sont classées par activité dans l'annuaire : voir les entreprises, ou lancer une recherche.
Sources : Prévention BTP, dossier « Les activités exercées en milieu hyperbare » ; arrêtés du 14 mai 2019 (mentions A et B) et du 11 juin 2020 (mention B archéologie), Légifrance ; ISO 15618-1:2016 et ISO 15618-2 (AFNOR, ISO) ; TWI, schéma de certification CSWIP pour les plongeurs inspecteurs ; COFREND, certification des opérateurs en essais non destructifs selon ISO 9712 ; arrêté du 29 septembre 2017 relatif à la certification d'entreprises réalisant des travaux hyperbares, annexe 1 (Légifrance) ; décret n° 2005-1325 du 26 octobre 2005 relatif aux règles de sécurité applicables lors des travaux réalisés dans le cadre d'un chantier de dépollution pyrotechnique (Légifrance) ; ministère de la Culture, DRASSM ; SNETI, Syndicat national des entrepreneurs de travaux immergés.
Vos questions
Quelle spécialité est la plus demandée ?
Aucune statistique publique ne la désigne. Le génie civil et l'entretien des ouvrages portuaires et fluviaux forment le quotidien de nombreuses entreprises françaises.
Peut-on changer de spécialité en cours de carrière ?
Oui. Il suffit souvent d'ajouter une qualification, comme le soudage ou l'inspection, à son CAH, ou de passer à une classe supérieure.
Un photographe sous-marin a-t-il besoin du CAH ?
Oui, s'il plonge dans le cadre de son travail. La mention B couvre les activités de médias.
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