Lexique de la plongée professionnelle
Mis à jour le 6 min de lecture Rédaction de TSM - Annuaire de la Plongée Pro
En bref. Ce lexique de la plongée professionnelle réunit, par ordre alphabétique, les mots que l'on rencontre dans un devis, un rapport d'inspection ou une offre d'emploi de scaphandrier, avec une définition courte pour chacun.
La profession emprunte au droit du travail, à la médecine hyperbare, au génie civil et à l'anglais de l'offshore. Pour le détail des règles, voir la réglementation des travaux hyperbares et le CAH.
A
- Accident de décompression : trouble provoqué par la formation de bulles de gaz dans l'organisme lors d'une remontée trop rapide ou mal conduite. Il se traite en urgence par recompression en caisson.
- Affouillement : creusement du lit d'une rivière ou du fond marin par le courant, au pied d'une pile de pont, d'un quai ou d'une digue. Il peut déchausser les fondations et fait partie des points surveillés lors des inspections.
- Aide opérateur : membre de l'équipe resté en surface qui gère l'ombilical, le matériel et l'environnement de travail du scaphandrier.
- Anode sacrificielle : pièce de métal plus réactif (zinc, aluminium) fixée sur un ouvrage ou une coque, qui se corrode à sa place. Son remplacement est une tâche courante des scaphandriers.
B
- Bathymétrie : mesure de la profondeur et du relief du fond, le plus souvent par sondeur acoustique depuis un bateau ou un drone de surface.
- Bouteille de secours (bail-out) : réserve de gaz portée sur le dos par le scaphandrier alimenté depuis la surface, qu'il utilise si l'alimentation principale s'interrompt.
C
- CAH : certificat d'aptitude à l'hyperbarie, obligatoire pour tout salarié qui travaille sous l'eau ou sous pression. Il précise une mention et une classe, et se renouvelle tous les cinq ans.
- Caisson hyperbare : enceinte étanche dans laquelle on fait varier la pression. Le caisson de recompression sert à traiter un accident de décompression ou à achever une décompression en surface ; il doit être accessible dans un délai fixé pendant les travaux.
- Carène : partie immergée de la coque d'un navire. On l'inspecte, la nettoie ou la répare à flot, sans passer en cale sèche.
- Casque : équipement rigide qui enveloppe la tête du scaphandrier, alimenté en gaz depuis la surface et muni d'un système de communication.
- Chef d'opération hyperbare : personne désignée par l'employeur pour diriger chaque intervention et veiller à l'application des consignes de sécurité sur le site.
- Classe : niveau du CAH qui fixe la pression, donc la profondeur, maximale autorisée : classe 0, I, II ou III.
- Cloche : voir tourelle.
- CND : contrôles non destructifs. Mesures qui évaluent l'état d'un matériau sans l'abîmer, comme la mesure d'épaisseur par ultrasons ou le contrôle de la protection cathodique.
- Communication filaire : liaison vocale par câble entre le scaphandrier et la surface, intégrée à l'ombilical. La réglementation impose une communication permanente avec le surveillant.
- Conseiller à la prévention hyperbare : salarié désigné par l'employeur, titulaire d'une formation spécifique, qui l'aide à évaluer les risques et à rédiger le manuel de sécurité hyperbare.
D
- Décompression : remontée progressive qui laisse le temps à l'organisme d'éliminer le gaz absorbé pendant la plongée. Elle suit une procédure écrite, avec ou sans paliers.
- Découpage : coupe de pièces métalliques sous l'eau, le plus souvent à l'oxy-arc ou avec des outils hydrauliques.
E
- Émissaire : canalisation qui rejette en mer ou en rivière des eaux traitées ou pluviales. Sa pose, son inspection et son entretien mobilisent des scaphandriers.
- Entreprise certifiée : entreprise autorisée à réaliser des travaux hyperbares (mention A) après certification par un organisme accrédité.
H
- Héliox : mélange respiratoire d'hélium et d'oxygène, utilisé en grande profondeur pour éviter la narcose.
- Hyperbare : se dit d'un milieu où la pression dépasse celle de l'atmosphère. Le droit du travail parle de milieu hyperbare au-delà de 0,1 bar de surpression.
I
- IMCA : International Marine Contractors Association, association internationale des entrepreneurs marins. Ses guides et ses niveaux de qualification servent de référence dans l'offshore.
M
- Manuel de sécurité hyperbare : document que chaque employeur concerné établit pour ses établissements. Il fixe les méthodes d'intervention, les procédures d'urgence et doit être disponible sur le chantier.
- Mélange : gaz respiratoire autre que l'air. En France, les travaux hyperbares au-delà de 50 mètres imposent un mélange.
- Mention : partie du CAH qui définit le cadre de travail : A pour les travaux, B pour les interventions (inspection, science, médias…), C et D pour le travail sous pression sans immersion.
N
- Narcose : effet euphorisant puis troublant de l'azote respiré sous pression, qui altère le jugement à mesure que la profondeur augmente.
- Narguilé : mode de plongée où le gaz arrive depuis la surface par un tuyau. C'est la méthode de référence des travaux hyperbares, admise jusqu'à 60 mètres à partir de la surface.
- Nitrox : air enrichi en oxygène, qui réduit la quantité d'azote absorbée mais limite la profondeur maximale.
O
- Ombilical : faisceau qui relie le scaphandrier ou le robot à la surface. Il réunit selon les cas le tuyau de gaz, le câble de communication, la vidéo et un filin de traction.
- Opérateur de secours : scaphandrier équipé et prêt à plonger à tout moment pour porter assistance à celui qui travaille.
- Oxy-arc : procédé de découpe sous l'eau qui combine un arc électrique et un jet d'oxygène pour couper l'acier.
P
- Palier : arrêt à profondeur fixe pendant la remontée, imposé par la procédure de décompression.
- Panneau de distribution des gaz : poste en surface qui répartit et contrôle le gaz envoyé à chaque scaphandrier et bascule sur la réserve en cas de besoin.
- Parachute de levage : sac gonflable que l'on remplit d'air sous l'eau pour soulever ou déplacer une charge.
- Plan de prévention : document écrit établi entre l'entreprise qui intervient et le site qui l'accueille. Il est obligatoire pour les travaux en milieu hyperbare.
R
- Recompression : remise sous pression d'un plongeur en caisson pour traiter un accident de décompression.
- ROV : remotely operated vehicle, robot sous-marin piloté depuis la surface par câble. Les classes vont de l'engin d'observation au gros robot de travail : voir scaphandrier ou ROV.
S
- Saturation : technique où les plongeurs vivent plusieurs jours sous pression dans un ensemble de caissons, reliés au chantier par une tourelle. Une seule décompression, longue, intervient à la fin.
- Scaphandre : équipement complet du scaphandrier, casque ou masque facial, combinaison et harnais, alimenté depuis la surface.
- Scaphandrier : professionnel qui réalise des travaux sous l'eau, titulaire du CAH mention A et, depuis 2022 pour les nouveaux venus, du titre professionnel.
- Soudage subaquatique : soudage réalisé sous l'eau, le plus souvent à l'électrode enrobée au contact de l'eau ; il existe aussi des techniques en enceinte sèche.
- Sonar : appareil qui détecte et représente les objets ou le fond grâce à des ondes acoustiques ; il permet de « voir » en eau trouble.
- Surveillant : membre de l'équipe qui suit la plongée depuis la surface, reste en communication avec le scaphandrier et déclenche les secours si nécessaire.
T
- Table de décompression : document qui indique, pour une profondeur et une durée données, les paliers à respecter pendant la remontée.
- Tourelle : chambre que l'on descend au fond pour transférer les plongeurs sous pression entre le chantier et les caissons de surface. On dit aussi cloche.
- Trimix : mélange d'oxygène, d'hélium et d'azote, utilisé en grande profondeur.
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Sources : Code du travail, articles R. 4461-1 et suivants (Légifrance) ; arrêté du 14 mai 2019 relatif aux travaux hyperbares effectués en milieu subaquatique, mention A (Légifrance) ; arrêté du 12 décembre 2016 relatif à la formation à la sécurité des travailleurs exposés au risque hyperbare ; arrêté du 19 mars 1993 sur le plan de prévention écrit ; OPPBTP, Prévention BTP ; IMCA, classification des ROV.
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