Devenir scaphandrier : parcours, qualités et premier emploi
Mis à jour le 6 min de lecture Rédaction de TSM - Annuaire de la Plongée Pro
En bref. Pour devenir scaphandrier en France, il faut être majeur, apte médicalement et autonome en plongée jusqu'à 50 mètres, puis obtenir le CAH mention A classe II et, depuis 2022, le titre professionnel de scaphandrier travaux publics. Le parcours complet demande environ cinq mois de formation au minimum. Le métier est physique, souvent itinérant, et la plupart des débuts se font en intérim.
Le scaphandrier est un ouvrier du bâtiment et des travaux publics qui travaille sous l'eau : il construit, répare, inspecte ou démonte des ouvrages immergés. Quais, digues, barrages, ponts, stations d'épuration, prises d'eau de centrales : ses chantiers sont variés, mais toujours exigeants. Voici les étapes pour devenir scaphandrier et ce qui attend le débutant.
Quelles qualités faut-il pour devenir scaphandrier ?
Il faut d'abord être un bon ouvrier : savoir souder, couper, coffrer, manier l'outillage, lire un plan. La plongée n'est que le moyen d'accéder au chantier.
- Une bonne condition physique : l'équipement est lourd, l'eau souvent froide et le courant fatigant.
- Le calme et la rigueur : on travaille souvent sans aucune visibilité, au toucher, en suivant des procédures strictes.
- L'esprit d'équipe : chaque plongée se fait avec une équipe en surface qui surveille, alimente en air et peut porter secours.
- La mobilité : les chantiers se déplacent, parfois pour plusieurs semaines loin de chez soi.
- Une bonne communication : le plongeur décrit ce qu'il voit et ce qu'il fait au chef d'opération, par téléphone sous-marin.
Quel est le parcours pour devenir scaphandrier ?
Le parcours tient en trois étapes : un niveau de plongée suffisant, le CAH mention A classe II, puis le titre professionnel.
| Étape | Ce qu'il faut | Durée |
|---|---|---|
| 1. Prérequis | Aptitude médicale, savoir nager, autonomie en plongée à 50 m (niveau loisir ou attestation) | Variable selon le niveau de départ |
| 2. CAH mention A classe II | Formation de sécurité en organisme certifié | 8 semaines au moins |
| 3. Titre professionnel scaphandrier travaux publics | Formation au métier, avec un stage en entreprise | Au moins 455 heures, dont 70 heures en entreprise (arrêté du 2 décembre 2025) |
Enchaînés, le CAH et le titre représentent environ cinq mois de formation au minimum : huit semaines de CAH, puis au moins 455 heures pour le titre. Le détail du certificat est expliqué dans notre page sur le CAH, et le choix d'un centre dans où se former à la plongée professionnelle.
Le titre professionnel est-il obligatoire ?
Oui, pour tout nouveau scaphandrier depuis le 1er janvier 2022. Le CAH apprend à plonger en sécurité ; le titre apprend le métier de chantier. Il est de niveau 3 (équivalent CAP) et comprend trois blocs de compétences :
- effectuer les relevés et le positionnement d'ouvrages immergés ;
- construire et entretenir des réseaux et ouvrages immergés en maçonnerie ;
- assembler et démonter des ouvrages métalliques immergés.
Le titre a été renouvelé par un arrêté du 2 décembre 2025. Les scaphandriers titulaires d'un CAH mention A obtenu avant 2022 relèvent d'une dérogation, à condition de justifier d'un minimum d'heures de plongée effectives.
À quel âge peut-on devenir scaphandrier ?
Il faut avoir au moins 18 ans pour entrer en formation au titre professionnel. Aucun âge maximal n'est fixé par les textes : c'est l'aptitude médicale, délivrée par un médecin et renouvelée régulièrement, qui décide de la possibilité d'exercer. Une partie de la formation existe aussi en apprentissage, sur deux ans.
Peut-on devenir scaphandrier en reconversion ?
Oui, et c'est fréquent. Beaucoup de scaphandriers ont exercé un autre métier avant de passer sous l'eau.
- Les plongeurs loisir confirmés ont déjà le prérequis de plongée (niveau 3 ou 4). Ils doivent surtout acquérir les gestes du chantier : le niveau loisir ne remplace jamais le CAH.
- Les anciens militaires, notamment les plongeurs de la Marine nationale, connaissent la plongée en scaphandre et la discipline d'équipe. Ils passent eux aussi par le CAH et le titre, et peuvent se renseigner auprès de Défense Mobilité, l'agence de reconversion des armées.
- Les ouvriers du BTP (soudeurs, maçons, charpentiers métalliques) ont un vrai atout : leur savoir-faire est exactement celui demandé sous l'eau.
Pour financer une reconversion, on peut mobiliser le CPF, Transitions Pro ou France Travail selon sa situation.
Quelles sont les conditions de travail d'un scaphandrier ?
Le travail est physique et se fait dans toutes les eaux : mer, ports, rivières, lacs, canaux, mais aussi bassins industriels, réseaux d'assainissement ou piscines de centrales. La visibilité est souvent nulle et l'eau froide.
Le scaphandrier plonge le plus souvent alimenté depuis la surface, relié à son équipe par un ombilical. Chaque intervention est préparée et consignée : la réglementation impose une fiche de sécurité et l'inscription des plongées dans le livret individuel du travailleur. Les déplacements sont fréquents et les horaires dépendent des marées, de la météo et des contraintes du chantier.
Pour la rémunération, voir notre page sur le salaire du scaphandrier.
Comment trouver un premier emploi de scaphandrier ?
Le premier emploi passe très souvent par l'intérim ou par l'entreprise qui a accueilli le stage du titre professionnel. La profession est petite : en 2018, elle employait en permanence l'équivalent d'environ 450 scaphandriers à temps plein, dont environ 250 intérimaires, et estimait son besoin de renouvellement à une quarantaine de nouveaux CAH mention A classe II par an.
Quelques conseils pour démarrer :
- tenir à jour son CAH, son aptitude médicale et son livret individuel dès la sortie de formation ;
- contacter directement les entreprises de travaux sous-marins de sa région et les agences d'intérim spécialisées ;
- accepter les missions en surface (aide, assistance au plongeur) : elles font partie de l'apprentissage du métier ;
- compléter son profil par une compétence recherchée, comme le soudage ou l'inspection.
Avec l'expérience, le scaphandrier peut évoluer vers la fonction de chef d'opération, la supervision de chantier ou des spécialités comme l'inspection d'ouvrages.
Trouver une entreprise ou une formation. Les entreprises de travaux sous-marins et les centres qui préparent au métier sont recensés dans l'annuaire : les entreprises et la formation et certification.
Sources : Code du travail, articles R. 4461-1 et suivants (Légifrance) ; arrêté du 12 décembre 2016 relatif à la formation à la sécurité des travailleurs exposés au risque hyperbare ; arrêté du 2 décembre 2025 relatif au titre professionnel de scaphandrier travaux publics (Légifrance) ; France Compétences (RNCP) ; AFPA, fiche de formation « Scaphandrier travaux publics » ; SNETI ; Autorité de la concurrence, avis n° 18-A-07 du 24 mai 2018 ; Prévention BTP.
Vos questions
Faut-il savoir souder pour devenir scaphandrier ?
Ce n'est pas exigé à l'entrée, mais le titre professionnel enseigne les bases et c'est un savoir-faire très demandé par les entreprises.
Peut-on être scaphandrier avec des lunettes de vue ?
C'est le médecin chargé de l'aptitude hyperbare qui en juge, au cas par cas, selon la vision et le poste.
Un scaphandrier travaille-t-il seul sous l'eau ?
Il peut être seul dans l'eau, mais jamais seul sur le chantier : une équipe en surface le surveille et un plongeur de secours est prêt à intervenir.
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